Ces deux monstres de l’art moderne cultivèrent une amitié et une admiration réciproque, que l’on peut voir au travers de leurs différentes œuvres.

Un face-à-face entre un peintre et sculpteur, qui partageaient une même fièvre créatrice. La confrontation de ces deux artistes montre de manière claire leurs similitudes formelles : mêmes figures géométriques simplifiées et agressives. Ce rapprochement de ces deux génies de l’art moderne n’est pas un hasard, au contraire, il est bien la preuve d’une amitié assez méconnue de l’histoire de l’art moderne, celle qui unit Pablo Picasso (1881-1973) et Alberto Giacometti (1901-1966) durant les années 1930 à 1950.

Grace à certains rapprochements dans leurs œuvres, on peut mettre en lumière la manière dont Giacometti a pu s’inspirer de son aîné, mais aussi la façon dont Picasso s’est nourri de l’œuvre du sculpteur de 20 ans son cadet.

Ces deux artistes, aux tempéraments différents, d’une part Picasso l’ogre génial persuadé de son talent, et Giacometti le tourmenté, éternel insatisfait, partageaient une même volonté d’inventer des formes nouvelles dans une totale liberté de création.

Quand Giacometti découvre les œuvres du fameux Picasso lors de son arrivée à Paris, c’est une fascination pour ce procédé de transformation du réel, de déconstruction de l’espace et des volumes. Il recopie alors dans ces carnets les créations cubistes du peintre espagnol, et s’en inspire pour se lancer dans des œuvres nouvelles.

Le jeune sculpteur commence à se faire remarquer sur la ville de Paris avec un premier succès à la galerie Jeanne Bucher en 1929, on ne sait si Picasso le découvre à ce moment-là, mais leurs routes vont bientôt se croiser.

La rencontre a finalement lieu grâce à l’entreprise de Miró qui, en décembre 1931, emmène Giacometti dans l’atelier de Picasso. Les deux artistes adoptent alors une relation amicale et intellectuelle. Les deux hommes se voient régulièrement dans leurs ateliers respectifs.

 

 

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